Action physique par la filtration
Sans filtration ou avec une installation mal conçue, non performante, mal entretenue : l'eau est trouble, chargée de déchets d'origines diverses et rapidement il n'est plus possible de voir le fond du bassin, à la surface de l'eau (qui correspond au niveau de la tête des baigneurs) flottent cheveux et poils, insectes, mucosités rhino-pharyngées (salives, crachats , mucus), squames de la peau ainsi que sueur, cosmétiques, huiles solaires...

Par une filtration et un entretien efficaces du bassin, tous ces déchets divers disparaissent.
Il faut savoir que la filtration de l'eau c'est 75 à 80% de son entretien, le solde soit 20 à 25% étant assuré par les traitements et non l'inverse. C'est dire le rô1e primordial d'une filtration qui est trop souvent regardée comme accessoire, dans la performance comme dans le temps de filtration journalier.
Action chimique par les traitements
Pour agir sur les micro-organismes, responsables de maladies (germes pathogènes) : champignons (mycoses), bactéries (streptocoques, staphylocoques, salmonelles, légionelles...) virus (polio-myélite, hépatite A alors que l'hépatite B et le sida ne peuvent se développer dans une eau de piscine et que le virus responsable des verrues plantaires évolue sur les sols, plages, douches...)
Non détruits, ces germes pathogènes seront l'origine de diverses pathologies cutanées, digestives, ORL, etc. comme otite, angine, conjonctivite, mycoses, furonculose, dermite, diarrhées... alors que par des traitements chimiques appropriés, on disposera d'une eau saine, indemne entre autres de germes pathogènes.
Il faut également se rappeler que l'eau d'une piscine n'est pas seulement polluée par les baigneurs mais aussi par :
- le vent et la pollution atmosphérique (feuilles et poussières transportent aussi des agents pathogènes),
- les insectes et petits animaux de tous ordres,
- la végétation environnante du bassin : gazon, pollen, pétales...
- la terre, dans le cas de massifs de plantes en bordure de I'eau,
- l'eau d'apport : si l'eau du réseau public est sans risque, il n'en est pas de même d'une eau de puits ou de forage,
- les non baigneurs dont les chaussures sont toujours souillées,
- les produits de traitements : inappropriés ou à des doses excessives.
Les règles de base pour une eau belle et saine
1er règle :l'hiver
Avant d'hiverner, protégez l'eau : après avoir réglé le pH et réalisé un traitement de choc, utilisez un produit d'hivernage qui évitera l'apparition d'algues et les précipitations calcaires durant "la morte saison".
N'abandonnez pas votre eau l'hiver sous prétexte qu'il y a une couverture. Pourquoi ne pas soulever celle-ci de temps en temps pour observer l'état de l'eau et, en cas de début d'eau verte, traiter l'aide d'un ou deux arrosoirs d'eau tiède chlorée ou tout autre produit que vous employez habituellement.
Protéger l'eau en hiver, c'est chaque mois au plus, 10 minutes d'affection" à apporter à votre chère piscine
2ème règle :le printemps
Il faut prendre en main la saison dès après Pâques et ne pas attendre que votre eau soit devenue irrécupérable. A cette époque. l'eau est encore très fraîche (autour de 10°). Elle n'évolue que très lentement et une mise en route dans ces conditions est d'une grande facilité.
Si l'eau est trouble ou légèrement verte, un traitement adapté et une filtration prolongée sur 2-3 jours remettront tout cela d'aplomb.
Ensuite, de courtes filtrations sur 3-4 h par jour (2+2) et des traitements espacés économiques (en fonction de son aspect visuel et de la trousse de contrôle) vous conduiront sans souci jusqu'aux premiers jours de baignade. Certes, les temps de filtration varieront en fonction de la température de l'eau et de la pollution.
3ème règle: La filtration
1- finesse:
La finesse de filtration change tout. Si le filtre diatomée bat les records par ses quelques microns de finesse (1 à 3), le filtre à sable est en queue de peloton si on l'utilise tel quel (environ 30 à 40 microns). D'où l'obligation de lui faire absorber (par le skimmer) 1 à 3 cartouches de floculant (selon le volume d'eau et la surface du filtre) Ainsi, on augmentera considérablement sa finesse puisqu'il filtrera alors à environ 10 microns. Il se rapproche donc des performances du champion diatomée.
2- État du filtre
Que de filtres entartrés, pleins de gras, mal décolmatés !
Résultat = mauvaise filtration.
spécifique :
- le sable se décape chimiquement 2 fois l'an par un produit en
fin ou début de saison,en milieu de saison.
- les éléments du filtre diatomées se détartrent tous les 1 à 3 ans (selon le degré de calcaire) durant la "morte saison". I1 en est de même pour les filtres à cartouches (ne pas dépasser 2 ans voire mieux 1 an).
Là encore que de fois on "lavotte" mollement alors que 3 à 4 minutes sont le temps minimum nécessaire .
Inversement, ne lavez pas systématiquement votre filtre alors qu'il vient d'être nettoyé et qu'il est donc à peine encrassé. C'est à ce moment la qu'il filtre plus fin.
Faites absolument la chasse aux aiguilles (entre autres les petites de cèdres, douglas, sapin, pin maritime cyprès. .). C'est étonnant le colmatage rapide que cela entraîne. Lorsqu'elles sont malheureusement arrivées sur le plan d'eau, piégez-les aux skimmers par des sacs spéciaux.
Nettoyez très souvent les paniers de skimmer et de pompe.
La qualité des éléments filtrants :
- sable - n'hésitez pas à le changer dès que votre filtration ne présente plus les performances d'avant, soit au bout de 10 ans maximum, voire 5 à 8 ans.
- diatomées - mettez une quantité suffisante pour obtenir un "gâteau" filtrant efficace.
- cartouches - changez-les dès que leur aspect flasque, déformé, témoigne de signes de fatigue ou qu'elles freinent le débit d'eau malgré un bon nettoyage.
3- Le temps de filtrations
Que de propos irréaliste entendus à ce sujet :
"je filtre la nuit ..."
"j'alterne jour et nuit ..."
"je filtre par intermittence..."
"Puisque j'ai une piscine à débordement et que j'évacue tout dans la fosse, je filtre "fort" 2 heures matin, 2 heures après-midi"
Non, du bon sens tout simplement ne peut que rétablir la réalité et expliquer pourquoi tant de personnes ont des problèmes d'eau.
L'eau évolue brutalement (parfois en quelques heures) et se pollue d'autant qu'il y a pollution et chaleur.. Cette évidence est oubliée par trop d'usagers.
En présence d'une eau trouble, chargée, verte, il est nécessaire de filtrer en continu 24h/24h jusqu'à ce que l'eau ait repris son aspect clair.
L'augmentation des temps de filtration pour les piscines traitées au PHMB (Baquacil, Revacil, Oxyline...) est conseillée du fait qu'il n'est fait appel à un oxydant (Revatop, Oxychoc, Baqua Shock...) que toutes les 3 semaines généralement. Il est conseillé d'ailleurs en pleine saison et sous température élevée de ramener ce temps de traitement de l'oxydant à 15 jours.
4ème règle : la température
On vient de voir combien une montée importante en température exige des temps de filtration beaucoup plus longs. Aussi, soyez raisonnable en ne dépassant pas 27 - 28°. Au-delà, il y a intérêt à être très observateur sur le comportement de son eau et les conséquences de la présence de nombreux baigneurs qui, en période chaude, polluent particulièrement (sueur, produits solaires...).
La couverture isothermique si appréciable dans beaucoup de régions de France pour éviter de perdre la nuit 2 à 4°, doit être retirée dès que l'on veut "reprendre"son eau trouble ou verte. De même durant de longues périodes d'absence où celle-ci ne peut qu'accélérer une mauvaise évolution de l'eau.
5ème règle: La pollution
- Les baigneurs
Un corps humain pollue environ 6 m) d'eau ! et encore s'il n'est pas en sueur !
- Les orages
Avec les orages, on assiste à une brutale baisse du pH et à un apport important de pollution. Ces facteurs modifient l'équilibre de l'eau qui veut tourner si l'on n'a pas pris soin peu de temps avant de remonter le taux de désinfectant s'il est un peu faible.
- Les déchets
Videz régulièrement les paniers de skimmer et pompe, nettoyez les dépôts des goulottes de débordement ainsi que les fonds du bassin.
- Les abords
Bien que cela soit beau, évitez au maximum de laisser votre gazon, vos végétaux au ras du plan d'eau. Il faut choisir : pièce d'eau ou piscine. La pollution végétale est considérable et une zone périphérique minimum de protection est préférable. Margelles et plage sont nécessaires à la bonne
conservation de l'eau.
- Le bassin
Parois et fonds doivent présenter une surface qui ne fixera aucun déchet de tous ordres et dont l'entretien sera aisé et rapide.
Comme il est dommage que parfois, pour des raisons de goûts... et de mode, on oublie cette obligation pour la conservation de l'eau de piscine.
II ne viendrait à l'idée de personne de conserver une boisson dans un récipient rugueux, difficile à nettoyer. Pourquoi n'en serait-il pas de même avec votre piscine, véritable récipient d'eau potable!
6ème règle :les traitements
Si la filtration est indispensable à l'entretien physique de l'eau, les grandes familles polluantes :
- les germes pathogènes,
- les algues,
- les déchets organiques, rendent obligatoire l'application d'un programme de traitements appropriés.
7ème règle: Le budget
C'est peut-être par là que nous aurions dû commencer. Beaucoup d'échecs en eau de piscine viennent de la « pauvreté » avec laquelle on agit trop souvent ce qui conduit systématiquement à des frais élevés de traitements et d'eau que l'on voulait justement éviter.
Les origines des constats d'échecs sont toujours les mêmes :
-> mauvaise conception ou sous-dimensionnement de l'équipement pompe, filtre, diamètre des canalisations pour économiser à la construction,
-> faible temps de filtration, pour économiser l'électricité,
-> mauvaise qualité de l'eau, pour économiser l'eau du réseau de ville,
-> doses homéopathiques de produits, pour les économiser.
Résultats = des gaspillages d'électricité, d'eau, de produits... et de temps pour retrouver (pas toujours !) une eau normale
Budgétisons tout cela et vous verrez que beaucoup de mauvais calculs sont faits ou tout simplement que ces calculs n'ont jamais été faits pour justifier cela. Il est impératif de prévoir ce budget aussi sérieusement qu'on admet un budget nourriture un budget loisir.
Certes les fonds ne sont pas élastiques mais ce n'est pas sur l'entretien d'une piscine que l'on doit chercher des économies car si vous calculez ce que représente le coût de "sauvetage" régulier d'une eau (multiplication des consommations en électricité, eau et produits...) vous serez convaincus.
En conclusion
Si ces 7 règles énumérées sont parfaitement admises et appliquées, heureux propriétaire d'une piscine pour votre détente (et non votre cauchemar), vous serez étonné du peu de temps que vous consacrerez chaque semaine à sa maintenance cristalline.