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L'eau un milieu vivant

    Lorsque vous êtes confronté à une eau verte ou trouble, ou non   conforme aux normes bactériologiques, il y a toujours au départ un dysfonctionnement ou une mauvaise utilisation du matériel de filtration, des  traitements...

    L'eau est un milieu vivant, donc en   perpétuelle évolution. Sil'on refuse au départ d'en comprendre le fonctionnement, il n'y a rien d'étonnant qu'après, beaucoup d'énergie  et beaucoup d'argent soient nécessaires  pour "éteindre" l'incident.         

    Chacun sait que l'eau est   composée de 2 atomes d'hydrogène et d'l atome   d'oxygène soit H20 Cette eau n'est pas une matière inerte, elle a une personnalité qui est en permanente évolution. Aujourd'hui, cette même eau neuve que  vous venez de mettre dans votre bassin vide va, au cours des jours, subir des   influences variées qui la feront évoluer d'une manière ou d'une autre : lumière, chaleur,  froid, apports de sels minéraux divers, de sédiments variés, de déchets  organiques, de spores d'algues, de   germes pathogènes, etc.  Mais au départ, votre eau avait déjà bien autre chose "dans le ventre" que les seuls  hydrogène et oxygène de base.

Le cycle de l'eau dans la nature

    Si l'eau qui s'évapore des océans est  d'une grande pureté, en traversant l'atmosphère, devenue "pluie", elle est déjà modifiée par les gaz de l'air (gaz  carbonique, oxygène, azote) dont elle se  charge. Devenue acide, elle présente un  pouvoir solvant élevé vis-à-vis des éléments minéraux et organiques qu'elle va rencontrer au cours de son cheminement dans le sol et le sous-sol.

    En effet, en ruisselant, l'eau commence déjà à se charger de sable, d'algue, de végétaux (matières azotées, tourbes. .),  de produits de synthèse organiques , solubles, de débris de roches  superficielles ...

    Puis vient la phase d'infiltration où, grâce à son pouvoir  solvant et en fonction de la nature du  sol, cette eau va s'enrichir en matières  dissoutes d'origine minérale ou organique. Il suffit de jeter un simple regard sur une  étiquette d'eau minérale pour observer  la richesse d'une eau selon son origine :  calcium, magnésium, sodium, potassium, bicarbonate, chlorure, sulfate, nitrate, fluor...

 
       Enfin, cette eau récupérera éventuellement les déchets de l'activité de l'homme : huiles minérales, goudrons,  engrais , pesticides...ainsi que des traces métalliques de type fer, manganèse , cuivre,  zinc, aluminium... Nous sommes loin de H2O du départ!  De votre côté, par les traitements, (peut-être aussi par le revêtement de votre bassin) et votre environnement et beaucoup de choses vont jouer sur l'évolution de votre eau.
 
     En tout premier, comprenons ce qui se passe avec l'eau d'origine que  vous utilisez.

Cette eau a un équilibre, lequel ?  

L'équilibre de l'eau

    La connaissance de ce phénomène permet en effet d'expliquer beaucoup de choses et d'y remédier.

Cet équilibre dépend de 3 éléments :
    - le pH,
    - l'alcalinité (ou bicarbonates et carbonates),
    - la dureté (sels de calcium et magnésium).
                                                                                     
1- Le pH

    Le pH (ou potentiel hydrogène) varie entre O et 14 sachant que le pH de l'eau  pure neutre, à 20°C est de 7.0, c'est-à-dire au milieu de cette échelle.  Si l'eau est acide, le pH sera en dessous  de 7,0, alors qu'avec une eau basique (souvent alcaline), le pH sera au dessus  de 7,O.  

    Pour le baigneur, l'idéal de confort de  l'eau est d'être le plus proche possible du pH moyen du liquide lacrymal situé vers 7,4.

    Mais c'est aussi dans cette zone de pH de 7,2 - 7,4 que :   
    - le chlore est actif à 60 / 65%. Certes, il  pourrait l'être à 100%... mais alors ce serait accepter un pH acide autour de  5,5, impossible à concevoir tellement  l'eau deviendrait agressive pour la peau, les yeux et le matériel subirait des effets corrosifs en peu de temps.

    Par  contre, en laissant monter son pH à 7,8 par exemple, il ne resterait plus  qu'environ 30% de chlore actif,le reste étant bloqué. 

    - le floculant (utilisé pour rendre performant les filtres à sable) fonctionne bien, alors que ce n'est  plus le cas dans un pH élevé.  

    -  l'eau est très claire et ce, d'autant que  son pH se rapproche de la neutralité   c'est-à-dire 7,O.
   
    Malheureusement, cet équilibre est  fragile puisqu'il dépend de la présence ou non dans l'eau de bicarbonates et carbonates pour la part alcalinité (ou  TAC), de sels de calcium et de magnésium pour la dureté (ou TH) et enfin d'une  teneur suffisante en gaz carbonique (CO2) dissous qui joue un rôle équilibrant.

Non, cela n'est pas compliqué.
   
    La nature est complexe certes, mais en  essayant avec nous de "démonter" le système,vous aurez sans aucun doute tout cerné et alors comprendre votre eau  deviendra "limpide" !

2- L'alcalinité de l'eau

     La richesse des bicarbonates et carbonates  est mesurée par le TAC (Titre Alcalimétrie Complet) exprimé en degré français(1°f = 10 ppm ou 10 mmg/l).
 
    Cette richesse doit se situer entre 10 et  30'f pour assurer à l'eau de la piscine un  pouvoir tampon suffisant.

    Le pouvoir tampon

    Terme souvent employé en chimie, le"pouvoir tampon" est indispensable à la  stabilité du pH. C'est un phénomène très facile à comprendre. Vous le connaissez d'ailleurs lorsque l'on parle  d'une aspirine tamponnée, c'est-à-dire n'occasionnant pas de brûlures d'estomac.  Un "pouvoir tampon" consiste en la faculté d'empêcher un choc brutal. C'est le rôle des tampons sur les wagons de chemin de fer : sans eux lors du freinage, le choc pourrait être violent pour les passagers... et les bagages au-dessus des têtes !

    Ainsi, une eau non "tamponnée", ou trop faiblement, verra son pH totalement  instable, avec pour beaucoup d'eaux une tendance à la montée du pH malgré des traitements répétés pour le rectifier . Pour empêcher cela, on peut intervenir  sur 2 éléments :

 1- Enrichir son eau en bicarbonate


    La valeur en bicarbonates doit être  supérieure à 10°f. Pour obtenir une hausse de 1°f, ajouter 170 g de correcteur d'alcalinité (TAC plus, Alcanal, Alcaplus, Aquatac+, Moontac +...) pour 10 m3 d'eau.
   

    Pour connaître la teneur nécessaire à l'équilibre de votre eau, il suffit de lire la Balance de Taylor qui la définit en fonction du pH et du TH (dureté de l'eau  en sels de calcium et de magnésium).

 Sachant que :

    -  pour beaucoup d'eaux le TH restera ce qu'il est (Sidéal serait de 10 à 20°f),

    - la qualité d'un bon pH en piscine étant entre 7,O et 7,4.
C'est sur l'alcalinité (TAC) que l'on pourra  intervenir pour rétablir une eau équilibrée .

2- Protéger au mieux le gaz carbonique présent dans l'eau de votre piscine

    C'est pour la stabilité du pH un point très important, souvent ignoré, sur lequel on peut pourtant agir... si on est au courant.

    En effet. le dépôt de tartre sur les parois, qui est la plaie pour l'entretien de l'eau, le pH, sont liés au niveau du gaz carbonique dissous dans l'eau (gaz carbonique équilibrant). Chaque fois que l'eau est agitée, il y a extraction des gaz qu'elle contient et par conséquent variation rapide du pH. C'est alors l'obligation de traiter en permanence pour baisser le pH (eau dure ou moyenne) ou l'augmenter (eau douce). 

    C'est ainsi que nous connaissons des consommations annuelles en « pH  moins » de l'ordre de 20 à 30 kg au lieu  de quelques kilos !

Cette destruction du gaz carbonique par agitation de l'eau due entre autres à :

    -  un refoulement trop haut dans l'eau  (pour créer des remous),

    -  un jet d'eau, une chute d'eau (ne pas  les supprimer, mais en contrôler  l'usage modéré),

    -  un appareil de nage à contre-courant  utilisé en jet/remous sans interruption, une piscine à débordement avec chute  d'eau brutale (l'installation d'injection  en gaz carbonique peut être une  réponse).
     
    En dehors de l'agitation de l'eau, une température élevée de cette eau influe également sur ce déséquilibre. Ainsi, plus l'eau montera en température, plus il y aura des variations de pH. 

                                   
    Il est également impératif que l'eau  contienne une certaine quantité de gaz  carbonique dit équilibrant pour conserver  les indispensables bicarbonates de  calcium.  Sinon , ces bicarbonates se transforment  en carbonates avec précipitation de  calcite sur le bassin, c'est-à-dire formation de tartre sur lequel vont se fixer tous les déchets, les algues, les germes pathogènes.

3- La dureté de l'eau – TH (ou le rôle des sels de calcium et de magnésium)

    Cette dureté de l'eau est fonction de sa teneur en sels de calcium et de magnésium. Elle est mesurée par le TH  (Titre Hydrotimétrique) également exprimé en degré français (°f) comme le TAC.

     En piscine, on considère qu'une bonne  valeur de TH devrait se situer entre 10 et 20°f pour éviter l'entartrage (au-dessus   de 20"f) ou la corrosion (en dessous de 10°f).

    -  de 0° à 4 °f:         eau très douce
    -  de 4 à 8 °f:          eau douce
    -  de 8 à 18°f:         dureté moyenne
    -  de 18 à 30°f:       eau dure
    -  au-delà de 30°f:  eau très dure
   
    Lorsque l'eau atteint un TH de 22-25°f  donc entartrante, il est des plus  conseillés d'apporter chaque année un séquestrant de calcaire (voir p. 46), très efficace pour le stabiliser et éviter ou réduire son dépôt sous forme de tartre sur les parois et fond du bassin.

      L'eau de pluie, acide et dépourvue de   calcaire (TH = 0) est intéressante pour de telles eaux. Aussi, plus la piscine  pourra en hiver récupérer ces eaux de pluie (propres) mieux sera l'eau au  printemps suivant.  

    Dans le cas du TH très faible (au- dessous de 10°f) on peut faire appel à un produit alcalin spécifique (TH-plus...)  pour le remonter à hauteur de 10 à 12°f. Cet apport favorisera malheureusement   l'augmentation du pH qu'il faudra alors   rectifier progressivement (par petites étapes avec des "pH moins' pour  obtenir ce nouvel équilibre).



En conclusion
                                           
    Le pH, les bicarbonates (TAC), le calcaire (TH), le gaz carbonique présents dans l'eau sont  les points essentiels à  l'équilibre d'une eau.

    pH, TAC et TH s'analysent facilement par des trousses de contrôle colorimétriques (liquide, pastilles ou languettes). Faire la chasse aux responsables du "dégazage" est l'un des moyens de  conserver ses bicarbonates, de ne pas récupérer du tartre sur les parois du bassin et de maintenir un pH stable.
                                          
     Pas de traitement brutal pour rectifier le pH. Celui-ci se traite "en douceur", par étape. Vrai entre autres pour ceux qui utilisent encore de l'acide chlorhydrique, acide fort qui, par apport non dilué, crée du tartre.
                                               
     Les eaux sont déjà initialement riches en  sels minéraux et autres. Les traitements, de leur côté, apportent des éléments, qui, une fois dégradés, constitueront une charge supplémentaire.

Exemple : les chlores après leur action deviennent  des chlorures ("cendres" de chlore).
                       
    Lorsque l'eau s'évapore, les substances  minérales (ou autres) restent présentes. C'est le cas par exemple des sels de calcium (calcaire) dont la concentration augmentera par l'apport d'eau neuve pour remplacer celle disparue par  évaporation.
                                          
     Aussi, on comprend aisément pourquoi il est nécessaire, voire impératif, de renouveler chaque année 30 à 50% de son eau si l'on ne veut pas gérer de  plus en plus difficilement une eau artificielle , chargée.
       
     En agissant ainsi, c'est pour la nouvelle  saison une économie de produits, des équipements performants, une eau facile à entretenir et...

    Quel agrément pour les usagers ! 

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